Témoignages
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L’amour volé par Sylvie LELUIN Je suis venue vous dire, qu’il y a plus de 86000 enfants maltraités en France. Je pense à toi enfant, j’ai tant de chose à te dire et si peu de temps pour te convaincre. Alors, je commence par hier, quand c’était juste une histoire d’amour entre un papa et son enfant. Un jour, ses mots tendres t’émeuvent, t’exaltent. Ceux ne sont que quelques mots et quelques gestes qui t’embrasent. Puis tout redevient « comme avant », puis ça recommence et peu à peu, les désirs deviennent des tempêtes qui fracassent l’amour. Alors, tu permets tout, pour préserver cet amour, tu t’épuises à donner ton corps pour que ça continue à ressembler « à l’avant ». Un soir seul dans ta chambre, tu comprends que tu as peur, peur de lui. Cette « histoire d’amour », tu ne l’aimes plus et dans tes rêves tu hurles ta détresse et ta haine contre ce père qui entaille ta dignité. Quand il t’approche à nouveau, tu pleures, tu ne le reconnais plus, alors il te cajole et il te dit qu’il t’aime. Tu restes dans ses bras, parce que tu n’as pas le choix et les gestes se répètent sur ton corps et ton visage. Alors des larmes jaillissent, il te demande pardon, te promet que ça n’arrivera plus. Je suis venue te dire que « ça » ne s’arrête jamais, alors ce silence, il faut le défaire, vite. Je sais la force de la mutité que tu laisses tout autour de ces agissements terribles, qu’il confond avec l’amour qu’il te porte. Je suis venue te dire qu’il ne faut jamais parler d’amour quand tu tombes sous le joug d’un adulte, qui pose ses mains sur toi et qui brise tes rêves dans le sang de sévices qui te pétrifie d’effroi et de néant. Je suis venue te dire que je ne veux rien comprendre au pourquoi « il » agit ainsi, car le pourquoi voudrait dire qu’il y a un parce que, c’est-à-dire une raison à ce qu’il prenne ton corps innocent pour une lubricité. Je suis venue te dire qu’il n’y a pas de raison, apprend ça par cœur, enfant, devant ton miroir, pour qu’il te renvoie encore ton image de bambin, naïf, innocent, d’Etre pur. Je suis venue te dire que je ne te lâcherai pas la main, tant que tu auras besoin de moi, pour que tu ne sois plus le jouet d’un conflit sans combat, qui court des cités jusqu’aux appartements bourgeois, en passant par les « salons » les plus politiquement corrects. Et voilà cette lutte sans justice, sans paix ni trêve, longue et silencieuse pour toi, petite victime qui tombe, un jour, en France, dans les ergots d’un pervers. Maintenant, c’est à moi de te demander pardon, pardon pour mon trop long silence, parce que je n’ai rien dit quand il a recommencé, parce que j’avais trop honte, que ça m’arrive à moi. Pardon au nom de tous ces enfants qui se taisent et gardent le silence dans une omerta qui détruit, parce qu’on accepte « un geste de trop ». Je suis venue te dire que je pense à toi, aux larmes qui s’enchaînent aux pardons, aux regrets peut-être, aux raisons « logiques » qu’il te donne pour justifier ses maniÈres que je marque d’un accent grave, très grave…. Je suis venue te dire, enfant, que ces gestes t’enterreront, que rien ne va s’arrêter là si tu penses qu’il t’aime et qu’il exécute ces pratiques pour la dernière fois, quand il fouille ton intimité et entache tes rêves d’amour fou de gestes dégueulasses et de postures qui te tordent le cœur. Moi, je vois ton visage d’enfant malade, ce que tu nommes amour, porte des coups sur la seule chose qu’il te reste : « ton Etre ». Etre ne doit jamais, même par amour prendre un accent Grave, très grave comme dans un piÈge. Tu es vivant, mais déjà à terre et à ta vie vaincue, il dira encore, je t’aime. Tu ne seras ainsi qu’une statistique, alors s’il te plait, enfant, demain crie ta douleur, ta souffrance, ferme la porte à la honte et à la culpabilité et laisse la lui. Tourne lui le dos et va aimer ailleurs, car sois sûr qu’un être plein d’amour t’attend quelque part, dans Ta propre Vie, car tu es un être rempli d'Adoration, avec un grand A qui résonnera comme « Absolument ». Je suis venue vous dire, à tous, qu’à chaque fois qu’un perverti prononce le mot « amour » pour son délit sur enfant, il vous crie à tous, que l’amour contient une promesse d’holocauste. Sylvie LELUIN
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